L’eau stagne encore par endroits sur le gazon synthétique, les feuilles et les branches sont partout, les pots ont valsé. On a envie de tout ramasser et de remettre de l’ordre au plus vite.
Patience : avant de nettoyer quoi que ce soit, mieux vaut savoir ce que l’eau a laissé sur votre gazon synthétique. Et surtout, ce qu’elle a pu emporter dessous.
On parle ici d’un jardin qui a vraiment été submergé. Après une grosse averse, la situation n’a rien à voir, et un gazon synthétique sous la pluie se gère beaucoup plus simplement.
Remettre le jardin en état se fait en plusieurs temps, et le premier ne concerne pas le gazon : c’est votre sécurité.
Attendre que l’accès soit autorisé et sûr
Tant que les autorités n’ont pas donné leur feu vert, on reste à l’écart : le gazon peut bien attendre quelques jours.
Votre mairie et le site Géorisques donnent les consignes à suivre.
L’eau a peut-être traversé un réseau d’égout saturé, ou un garage où traînait du carburant. Dans le doute, gardez enfants et animaux loin du gazon le temps d’en savoir plus.
Photographier avant de déplacer les éléments
Avant de toucher à quoi que ce soit, sortez votre téléphone. Prenez quelques photos d’ensemble du jardin d’abord, puis rapprochez-vous : zones soulevées, jonctions ouvertes, bordures déplacées, dépôts de boue s’il y en a.
Ces photos vous seront précieuses face à l’assurance. L’expert passe souvent quand le jardin a déjà été rangé : elles montreront ce qu’il ne pourra plus voir.
Votre téléphone enregistre la date de chaque photo, ce qui relie les dégâts à l’inondation.
Si vous avez des photos du gazon d’avant, le jour de la pose par exemple, rangez-les dans le même dossier : elles montrent son état d’origine.
Appelez ensuite votre assureur et demandez-lui comment procéder avant de jeter ou nettoyer quoi que ce soit.
Ressortez aussi la facture de votre gazon : la référence du modèle y figure, et elle vous servira plus tard.
Pour la prise en charge, c’est votre contrat qui fait foi.
Examiner le revêtement, les jonctions et le support
Une fois l’eau évacuée et la surface sèche, faites le tour du jardin à pied, sans vous presser.
Marchez partout, coins compris. Le sol doit rester ferme sous vos pieds. Une zone qui s’enfonce ou qui forme une cuvette, c’est le signe que l’eau a emporté une partie du sable sous le gazon. Posez une pierre dessus pour la retrouver plus tard.
Passez ensuite aux jonctions, là où deux lés se rejoignent. Soulevez doucement le bord. S’il vient tout seul, la bande de jonction a lâché.
Même chose le long des bordures, où les clous ont pu se déchausser.
Reste le drainage, et pour en avoir le cœur net, un seau d’eau suffit.
Videz-en un sur une zone inondée, un autre sur une zone épargnée. Si l’eau traîne nettement plus longtemps au premier endroit, les perforations du gazon sont bouchées par la terre. C’est très courant après une crue boueuse.
Dernier contrôle, et pas le moindre : l’odeur. Si une odeur d’égout ou de carburant persiste une fois le gazon sec, arrêtez-vous là.
Ce nettoyage-là ne se fait pas soi-même.
Ce premier tour de jardin vous place dans l’un de ces quatre cas :
| Ce que vous constatez | Ce que vous pouvez faire | Quand nous appeler |
|---|---|---|
| Boue en surface, sol ferme, jonctions en place | Nettoyer vous-même, étape par étape | Si l’eau stagne encore après le nettoyage |
| Jonction ou bordure décollée, sol ferme | Laisser sécher, garder les lés bien à plat | Pour un recollage, si vous ne le faites pas vous-même |
| Creux, affaissement, sable emporté | Ne rien ajouter par-dessus le gazon | Dès le constat : il faudra ouvrir et refaire le support |
| Odeur persistante, eaux usées ou hydrocarbures possibles | Tenir enfants et animaux à l’écart | Avant tout nettoyage |
Nettoyer, reprendre une zone ou remplacer ?
Bonne nouvelle : après une crue sans pollution, la plupart du temps, le gazon peut se sauver. Il vit dehors toute l’année, et l’eau elle-même ne l’abîme pas. Ce qui pose problème, c’est ce qu’elle laisse dessus et ce qu’elle emporte dessous.
Boue en surface, sol ferme : le nettoyage est à votre portée
- Laissez sécher la boue. Encore humide, elle s’étale et s’enfonce entre les brins.
- Ramassez à la main ou au râteau à feuilles les branches et les déchets apportés par l’eau.
- Brossez pour décoller la terre sèche, puis passez un coup de souffleur si vous en avez un.
- Rincez au jet d’arrosage, en poussant l’eau vers les évacuations. Mieux vaut plusieurs passages qu’un seul jet puissant.
- Désinfectez avec un produit adapté, par exemple notre nettoyant désinfectant pour gazon synthétique, dilué à 5 %.
- Une fois le gazon sec, brossez à contre-sens des brins pour les redresser.
Refaites alors le test du seau. Si l’eau s’en va aussi vite que sur une zone épargnée, c’est gagné.
Jonction décollée : une reprise locale
Si le sol tient, pas besoin de tout reprendre. Il faut laisser sécher puis refaire la jonction, exactement comme pour réparer une zone de gazon synthétique.
Sol creusé : il faut ouvrir
Inutile de tourner autour du pot. On replie ou on découpe le gazon, on refait un apport de sable concassé bien compacté, on remet un géotextile si besoin, puis on repose. Combler le creux en ajoutant du sable par-dessus le gazon ne tient pas : au prochain gros orage, il revient.
Quand remplacer ?
Le remplacement devient la bonne réponse dans trois cas :
- le gazon est déchiré,
- les zones à reprendre couvrent l’essentiel du jardin,
- ou une pollution rend le nettoyage impossible.
Avant de reposer, comprendre d’où venait l’eau
Remettre le jardin en état sans savoir pourquoi l’eau est arrivée, c’est prendre le risque de tout recommencer l’hiver prochain.
Pendant que c’est encore frais dans votre tête, notez par où l’eau est entrée : la rue, le terrain voisin, un cours d’eau sorti de son lit, un regard qui a débordé ? Et par où elle est repartie, en combien de temps.
Une chose doit être claire. Nos modèles de gazon artificiel laissent passer 360 litres d’eau par mètre carré et par heure.
C’est largement assez pour un gros orage. Face à une crue, en revanche, ça ne pèse rien : quand le sol dessous est gorgé d’eau, elle n’a plus nulle part où aller.
S’il faut créer un drain, déplacer une évacuation ou rehausser un niveau, c’est maintenant qu’il faut le faire, gazon replié, pas une fois tout reposé. Et jamais en envoyant l’eau chez le voisin : la loi l’interdit, et c’est le meilleur moyen de se fâcher pour longtemps.
Comparer les devis de remise en état
Deux devis peuvent aller du simple au triple. Pas forcément parce que l’un des deux est trop cher : souvent, ils ne décrivent tout simplement pas le même chantier. L’un prévoit un nettoyage. L’autre, l’ouverture du gazon, la reprise du sable et de nouvelles jonctions.
Pour comparer ce qui est comparable, demandez que chaque devis sépare :
- le nettoyage et la désinfection ;
- la dépose et la repose, zone par zone ;
- la reprise du support meuble (sable, compactage, géotextile) ;
- les fournitures : gazon de remplacement, bandes de jonction, colle, clous ;
- l’évacuation des déchets.
Un point mérite d’être écrit noir sur blanc : ce qu’on ne peut pas voir avant d’avoir ouvert.
Un poseur sérieux le dit franchement, et prévoit dès le départ comment un éventuel supplément sera chiffré.
Pour aller plus vite, gardez sous la main vos photos, la référence de votre gazon et les consignes de votre assureur.
Mini-FAQ : le gazon après une inondation
Le gazon est nettoyé : peut-on laisser les enfants jouer ?
Si l’eau était simplement boueuse, oui, une fois le gazon nettoyé, désinfecté et sec. Au moindre doute sur des eaux usées ou des hydrocarbures, non : attendez un avis compétent. La couleur ne dit rien de la propreté.
Faut-il jeter immédiatement le gazon abîmé ?
Non. Votre assureur peut vouloir constater les dégâts. Photographiez, mettez de côté, et attendez son feu vert avant d’évacuer quoi que ce soit.
Une petite zone affaissée peut-elle être simplement rebouchée ?
Le creux vient de sable et de terre emportés dessous, c’est donc dessous qu’il faut reprendre. Sur une petite surface, l’intervention reste légère.
Un gazon plus drainant empêchera-t-il une nouvelle inondation ?
Non. Même à 360 L/m²/h, le gazon n’évacue que ce que le sol peut absorber. Contre une crue, ce sont les écoulements du terrain qu’il faut revoir.
